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Deuil

FORMALITÉS

Dès qu'un deuil se produit, la famille doit prendre contact avec le service consistorial des inhumations qui enverra sur place des équipes spécialisées pour procéder aux rites du Dernier Devoir et pourra donner tous les conseils pour l'inhumation, que ce soit à Paris, en province ou en Israël.

A l'hôpital, dès le décès survenu, la famille (ou la personne désignée à l'arrivée du malade) est prévenue. Un avis de décès officiel sera envoyé par la poste. Si le défunt a été transporté à l'amphithéâtre, ses effets personnels seront entreposés au bureau des successions et ses vêtements au vestiaire. Le transport dans un funérarium se fait aux frais de l'hôpital (après avoir rempli un certificat de non contagion). Le transfert au domicile du défunt est interdit (sauf le jour même de l'inhumation). Sorti de l'hôpital, le corps ne pourra plus y rentrer. L'autopsie, interdite par la religion, ne pourra être empêchée qu'avec une opposition enregistrée par l'administration de l'établissement, opposition écrite par le défunt ou sa famille, opposition judiciaire (en cas de mort violente ou suspecte), opposition religieuse.

Au domicile, c'est à la famille d'accomplir les démarches.
Les formalités administratives sont à faire par soi-même quand on s'adresse au service municipal des Pompes funèbres. En revanche la majorité des entreprises privées s'en chargent. Il est préférable de mettre les entreprises et le service municipal en concurrence, en demandant des devis détaillés. On peut prélever jusqu'à 3 000 € sur les comptes du défunt (banque, caisse d'épargne).

- faire constater le décès par un médecin, qui délivrera un certificat
- procéder à la toilette du mort (contacter le Consistoire)
- prendre connaissance de ses dernières volontés
- choisir et contacter une entreprise de pompes funèbres (pour la mise en bière, les cérémonies et éventuellement régler les problèmes administratifs)
- déclarer immédiatement le décès au bureau d'état civil de la mairie du lieu du décès, qui délivrera l'acte du décès. Un membre de la famille, même mineur, doit venir avec l'acte de décès et le livret de famille du défunt, mais aussi avec ses propres papiers d'identité. La mairie délèguera à titre gratuit un médecin d'état civil qui constatera la réalité de la mort et délivrera un certificat de décès, certificat qu'il faut ensuite rapporter à a mairie (avec le livret de famille du défunt) pour se faire délivrer une autorisation de fermeture de cercueil. Les entreprises de pompes funèbres se chargent généralement de ces démarches
- choisir un funérarium ou une maison funéraire si on ne veut pas garder sur place le défunt

Décès accidentel : il entraînera automatiquement des procédures administratives et judiciaires obligatoires.

Enfants mort-nés : un permis d'inhumer est obligatoire (également pour les fœtus de plus de six mois). Si la mort intervient plus de trois jours après la naissance, l'inhumation doit être effectuée par une entreprise de pompes funèbres.

Peut être enterrée à Paris toute personne (sans distinction de culte ou de croyance) décédée ou domiciliée à Paris, ou encore titulaire ou ayant droit d'une concession dans un cimetière parisien. Les concessions sont soit perpétuelles, soit décennales, trentenaires ou cinquantenaires. Quand ces dernières arrivent à terme, elles peuvent soit être renouvelées soit reprises par arrêté du maire. Une concession perpétuelle ne pourra être reprise que si le monument présente un caractère d'abandon pouvant nuire aux concessions avoisinantes. S'il y a reprise (a Paris), concernant les concessions perpétuelles les restes sont transférés à l'ossuaire du Père-Lachaise, concernant les autres, aux ossuaires de Pantin ou de Thiais. Une concession coûte de 1 500 à 6 000 € pour les perpétuelles, de 760 à 1 700 € pour les cinquantenaires, et de 600 à 1 200 € pour les trentenaires. Les indigents sont inhumés gratuitement (pour cinq ans).


Les Pompes funèbres

Chaque municipalité a pour obligation (loi de 1904) d'assurer à ses administrés des obsèques (fourniture du cercueil, personnel de portage, corbillard) et une sépulture décente (sans distinction de fortune). La municipalité peut soit avoir sa propre régie, soit, par le régime de la concession, déléguer la gestion à une entreprise privée, soit enfin laisser faire les entreprises spécialisées ou les familles (mais en conservant la responsabilité de la décence).

Depuis janvier 1993, une loi ouvre le domaine du funéraire à al concurrence, mais qualifie aussi cette profession de "service public", avec toutes les obligations qui en découlent.

Un code de déontologie a été élaboré par professionnels des pompes funèbres (respect du client - de ses souhaits, croyances et libertés - des lois et règlements, du secret professionnel, du libre choix des familles en n'entravant pas la concurrence).

Le législateur a considéré comme indispensable pour un enterrement : le cercueil, le transport du corps après la mise en bière, le corbillard, les tentures extérieures, le personnel, ce qui est nécessaire à l'inhumation.

Sont facultatifs : la garnitures du cercueil, les annonces dans la presse, les faire-part, les monuments funéraires, les concessions dans un cimetière. Rien n'oblige la famille à demander ces prestations.


Démarches et délais :

C'est au particulier d'engager les différentes démarches auprès des administrations concernées, qui n'accorderont ce qui est dû de droit que si c'est demandé.

a) dans la semaine suivant le décès : prévenir l'employeur (ou les ASSEDIC)
- prévenir la banque, la Caisse d'2pargne, les C.P.P…
- demander une pension de réversion à la sécurité sociale (assurance vieillesse)

b) dans le mois :
- faire valoir ses droits au capital décès auprès de la sécurité sociale, de l'employeur, des assurances
- prévenir le notaire et organiser la succession avec lui
- prévenir la mutuelle, les caisses de retraite ainsi que tous les organismes dits "payeurs"

c) dans les six mois :
- demande d'allocation de parent isolé ou de soutien de famille à la caisse d'allocations familiales
- demande d'assurance veuvage
- prévenir le centre des impôts (revenus, taxe foncière, taxe d'habitation)
- faire parvenir une déclaration de succession (établie par le notaire) au centre d'impôts du défunt
- transformer le compte joint en compte personnel
- demander, si besoin, à la sécurité sociale une immatriculation personnelle

LOIS ET DEVOIRS DU DEUIL


Avant le décès

Les soins aux malades et la conduite des morts à leur dernière demeure font partie des devoirs primordiaux des juifs.

La pratique de l'euthanasie est proscrite, par extension il est défendu de toucher l'agonisant (sauf en cas d'incendie, pour le sauver du feu). C'est un devoir sacré que de se tenir auprès de lui (en ce concentrant sur l'étude de la Torah) et de ne pas le laisser seul au moment où il rend l'âme. Il est interdit de pleurer afin de ne pas le faire souffrir davantage. Aucun préparatif mortuaire ne doit être fait avant le décès, et il faut éviter de rester à la tête, aux pieds, ou tout près de sont lit. On ne lui fermera pas les yeux tant que le décès n'aura pas été constaté.

Au moment du décès

Réciter le Chéma.

Aussitôt après le décès

On demande au défunt de nous accorder son pardon, on récite des Tehilim ainsi que "Baroukh Dayan Ha-emet" (Béni soit le Juge de la Vérité), on ferme les yeux du défunt (si possible le fils aîné, sinon un proche parent), on se déchire un vêtement, on dépose le mort, bras et jambes étendus, bouche fermée, sur le sol (non chauffé) car le lit (ou la table), contrairement à la terre, est imperméable à l'impureté de la mort. On recouvre le défunt d'un drap blanc afin de l'isoler de la vue des vivants, on allume la Ner Néchama ("bougie de l'âme") près de la tête et qui témoigne que l'âme immortelle poursuit son existence, on ouvre une fenêtre de la pièce, on couvre (ou on retourne) tous les miroirs de la maison. Les personnes ayant touché le mort doivent se laver les mains et réciter des bénédictions. On ne mangera pas et on ne boira pas en présence du mort. L'usage veut que l'on jette l'eau, placée auparavant dans la chambre, par la fenêtre ou la porte.

C'est une Mitsva que de veiller un mort, même Shabbat ou Yom Tov, mais on peut rester dans une autre pièce à condition que la porte soit ouverte.

L'Onen (l'affligé avant l'enterrement) ne peut accomplir aucun commandement positif, il est exempt de toutes les Mitsvoth, ne pourra pas dire de bénédiction, ni travailler, étudier la Torah, porter de Teffiline, remplir son devoir conjugal et, de plus, ne pourra compter dans une Minyane, groupe de dix personnes, religieusement adultes, réunies pour certaines prières. Il ne pourra pas manger dans la même pièce que le défunt et ne pourra consommer ni viande ni vin. Il devra en revanche se préoccuper de régler les problèmes d'enterrement.

La toilette du mort :

Contacter le Consistoire. La toilette peut être faite tous les jours, sauf Shabbat et Kippour. Pendant qu'elle est faite aucun proche ne doit se trouver dans la pièce. Après le lavage intestinal, la coutume est de couper les cheveux du défunt, de le coiffer et de lui tailler les ongles (pieds et mains).

Une fois le corps purifié, et ce dans la plus grande décence, on revêt le mort de ses Takhrikhine (vêtement mortuaire rituel) de toile blanche. On le dépose ensuite dans le cercueil, enveloppé dans un Talith dont on a coupé l'un des coins (si c'est un homme).

Les préparatifs de l'enterrement :

Ils sont réalisés par la Hévra Kadicha (Société des Derniers Devoirs), dont l'activité essentielle consiste à se préoccuper du décès des membres de la communauté et de l'affliction de leur famille.

C'est un devoir d'enterrer un mort le plus rapidement possible. Le minimum légal en France est un délai de deux heures entre le décès et l'inhumation (l'incinération est absolument interdite).

La levée du corps, le cortège :

L'usage est de ne pas placer de couronne de fleurs sur le cercueil ou sur le convoi mortuaire. Ce sont les membres de la Hévra Kadicha qui assistent à la levée du corps vers le cimetière puis qui portent hors de la maison le cercueil, et personne ne doit le précéder. La famille marche donc à sa suite (au cas où un attelage est utilisé, il doit être constitué de chevaux ou d'animaux purs).

La Lévaya ("Conduite" du défunt au cimetière) est assimilée à une Mitsva. Pendant la durée du cortège on ne saluera pas et on ne répondra pas davantage à un salut. Les hommes et les femmes doivent former deux groupes bien séparés (les hommes marchant devant).
A l'arrivée au cimetière, le cercueil est déposé devant la posse.

La cérémonie funèbre :

Les Hakafot (coutume qui consiste à tourner sept fois autour du cercueil, au cimetière) ne sont observées que pour un homme ayant atteint sa majorité religieuse, et pendant les jours ou les supplications sont récitées.

Le cercueil est alors placé à terre, et sept morceaux de bague en argent (ou des pièces de monnaie) sont posés sur le ventre du défunt. En Israël, on met sur les personnages importants des morceaux d'or, d'argent et de cuivre. Dix membres de la Hévra Kadicha tourneront autour du défunt (chaque tour étant ponctué par une bénédiction particulière), puis l'un d'entre eux descendra le mort dans le tombeau, dans lequel, en dehors d'Israël, on a l'habitude de placer un peu de la terre d'Israël.

La Hévra Kadicha récitera alors le psaume 91, puis Hachem Meleh et les treize articles de la foi. Sauf, pour ces derniers, les veilles de Shabbat, Yom Tov… (jours où le Tsiouq Hadine, "l'acceptation de la Sentence Divine" n'est pas prononcé), mais aussi pour l'enterrement d'une femme ou d'un homme de moins de trente jours.

On recouvrira le mort de dalles d'interruption d'impuretés, puis on bouchera les jointures avec des cailloux avant de remblayer la tombe.

On récitera trois fois Vehou Ra'houm, Kol Hamato puis la Hachkaba.


Les condoléances :

Une fois la tombe remblayée, chacun mettra une pierre en demandant pardon au défunt. L'Onen récitera le Kadich Hagadol puis recevra les condoléances.
C'est alors pour les proches le commencement de la période de deuil (Avelout), marqué par l'enlèvement des chaussures.


A la sortie du cimetière :

Chacun se lave trois fois les mains, sans les essuyer et sans réciter de bénédiction.
Etant donné qu'il est défendu à l'Avel de prendre comme premier repas de la nourriture lui appartenant, ses parents (non touchés par le deuil), amis ou voisins ont l'obligation de lui envoyer un repas de condoléances (Séouda Havraa). Ce repas est composé de pain, d'œufs durs (pas d'œuf pendant Pourim et Hanouka) et de lentilles, suivis d'autres plats, indifféremment. Une femme doit se faire servir cette Séouda Havraa par d'autres femmes, pas par des hommes. Ceux qui accompagnent l'Avel se joignent au repas. Le Shabbat les Avelim doivent manger seuls. Si on doit rendre visite aux endeuillés pour les réconforter, il ne faut pas leur adresser la parole pendant les trois premiers jours ("jours de pleurs"), sauf pour leur répondre.


L'avelout (le deuil) :

Il commence dès que le corps a été enseveli et la tombe recouverte de terre. Il est obligatoire de prendre le deuil pour l'un des sept parents proches. Si un décès survient pendant les sept jours qui suivent un mariage, les mariés ont l'obligation d'avoir leur sept jour de fête et de ne prendre le deuil qu'après (le reste de la famille prendra immédiatement le deuil).

Règles et durées du deuil :

Selon les sages, il faut :
- Le 1er jour : ne pas mettre de Téffiline.
- Pendant 7 jours (ou Chiva), réservés aux lamentations : ne pas travailler (s'il doit en subir une grande perte, l'Onen peut consulter une autorité rabbinique), cette interdiction est absolue pendant les trois premiers jours, mais ne s'applique pas au médecin, ni, pour la femme, aux travaux ménagers. Il ne doit pas laver ou repasser ses vêtements, s'asseoir (il ne mange que par terre ou assis sur un petit tabouret), se chausser de cuir, dormir dans son lit, saluer (ou répondre à un salut), étudier la Torah (il peut lire des textes traitant de souffrance, tels les livres de Job ou des Lamentations, ou étudier les lois de l'Avelout), remplir son devoir conjugal. Il doit se laver à l'eau froide uniquement (et encore sans se baigner tout le corps), changer de place à la synagogue (où il ne pourra pas être appelé à lire la Torah) et réciter le Kadich tous les juors. Le Shabbat ou un Yom Tov (qui comptent comme jours d'Avelout) est une interruption dans le deuil. L'Avel change alors de vêtements (de dessus), porte un habit non déchiré (mais quand même pas de fête) et reprend sa place à table (à Roch Hodech et Hanouka, hors des repas, il s'assiéra par terre). Il est de coutume de se réunir chez l'endeuillé la veille du septième jour pour les prières de Minha et d'Arbit. Le septième jour après le lever du soleil, les interdictions disparaissent, l'Avel remet des chausures, abandonne les vêtements déchirés.
- Pendant 30 jours (Chélochim) : l'Avel reprend une vie presque normale, mais il ne doit toujours pas couper ses cheveux ou ses ongles, se raser, porter de vêtement de fête, participer à des réjouissances (période étendue à un an s'il est en deuil de sa mère ou de son père), aucun cadeau ne peut être échangé (à Pourim, l'endeuillé peut en offrir), se parfumer, il ne devra se laver que sommairement. Il ne peut pas non plus se marier, mais le pourra après 30 jours, même s'il est en deuil de ses parents (à cette occasion il pourra se laver, se couper les cheveux, se réjouir). Un Avel qui n'a pas encore accompli sa Mitsva de procréation peut se marier après 7 jours. La période s'achève le trentième jour après le lever du soleil, on réunit alors un Minyan pour réciter un Kadich. Ce jour est marqué par une visite au cimetière. L'usage veut que la veille on se réunisse chez l'endeuillé pour prier Minha et Arbit. Un Yom Tov prendant les Chélochim met fin à cette période de deuil.
- Pendant 12 mois (Chana), pour un deuil de son père ou de sa père : ne pas participer à des réjouissances, ni se vêtir d'habits neufs, ni, jusqu'au troisième mois révolu et en l'absence de reproches d'un ami, se couper les cheveux. Tous les jours, le fils récitera le Kadich à l'office.


Jours anniversaire du décès :

Le fils devra jeûner et réciter le Kadich. Tout sera fait pour élever l'âme du défunt : Kadich, étude et repas si possible à la synagogue. Certains se rendent au cimetière ce jour-là.


La visite au cimetière :

Elle se fait tous les ans pour les communautés allemande et alsacienne. Dans de nombreuses autres pendant la Chiva pour les membres de la famille qui ne portent pas le deuil.

Les 7e et 30e jours après l'enterrement d'un parent proche (ou d'un sage). Chaque vendredi pendant les douze mois de deuil, et à la fin du douzième mois. Au jour anniversaire du décès. Les 15e jour du mois, la veille de Roch Hodech (surtout les mois de Nissane et Elloul), pendant le mois d'Elloul, le 9 Av, les veilles de Roch Hachana et de Kippour.

En revanche on ne doit pas se rendre au cimetière pendant le mois de Nissane, le Shabbat, à Roch Hodech, le Yom Tov, le Hol Hamoed, la veille et le jour de Pourim, à Hanouka.

De nos jours il est admis de s'y rendre avant ou après Pourim, Hanouka ou Roch Hodech.